Les neurosciences au service de la pédagogie

Avec l’essor des nouvelles technologies (imagerie à résonnance magnétique…), de nombreuses études ces dernières années, ont permis des découvertes sur le cerveau. Ainsi, les neurosciences se sont considérablement développées. La neuropédagogie elle, se situe à la confluence des neurosciences, de la psychologie et de l’éducation. Son objectif est de se centrer sur l’apprenant et de favoriser l’ergonomie de l’apprentissage (intérêt d’apprendre, rapport à l’erreur, gamification…). La neuropédagogie vis à rendre l’apprentissage le plus attrayant possible pour que la contrainte se transforme en plaisir !

L’attention : prérequis indispensable à l’apprentissage

L’attention est une propriété cérébrale ancestrale qui est en lien avec notre capacité de survie. Elle a deux fonctions :

  • Avoir conscience du monde qui nous entoure, être capable de nous mettre en contact avec l’ici et le maintenant (système de perception, d’observation…)
  • Etre capable de gérer les phénomènes internes qui nous impactent.

Par exemple, nous savons aujourd’hui que la capacité d’attention d’un sportif de haut niveau impacte directement ses performances. En formation, l’enjeu est crucial, il s’agit de la mobiliser activement. Oui mais comment ? Il existe six leviers sur lesquels nous pouvons travailler pour solliciter l’attention des participants qui est extrêmement fragile.

L’attention est une propriété cérébrale ancestrale qui est en lien avec notre capacité de survie. Elle a deux fonctions :

  • Avoir conscience du monde qui nous entoure, être capable de nous mettre en contact avec l’ici et le maintenant (système de perception, d’observation…)
  • Etre capable de gérer les phénomènes internes qui nous impactent.

Par exemple, nous savons aujourd’hui que la capacité d’attention d’un sportif de haut niveau impacte directement ses performances. En formation, l’enjeu est crucial, il s’agit de la mobiliser activement. Oui mais comment ? Il existe six leviers sur lesquels nous pouvons travailler pour solliciter l’attention des participants qui est extrêmement fragile.

  1. Le premier contact positif

Tout commence dès l’entrée en contact. Il faut créer les conditions pour que les gens qui viennent en formation y prennent du plaisir. Nous savons qu’une formation n’a pas toujours été décidée par l’apprenant donc il s’agit que les premiers instants soient les plus favorables à l’émergence de l’apprentissage. Le contexte musical par exemple, crée quelque chose qui est de l’ordre de la relation et autour d’un environnement propice au bien-être. Cela calme les appréhensions, limite les résistances, facilite et régule les interactions. Le rôle du formateur est de se décentrer et de se recentrer sur l’autre.

  1. L’effet de surprise/les ruptures

Nous parlons de ruptures pédagogiques :

  • Réaliser des pauses propices au recentrage sur soi, au repos car le cerveau a un temps d’attention limité,
  • Changer de typologie d’exercice,
  • Changer de modes d’entrées en communication.
  1. L’illustration

L’illustration c’est le fait de prendre des exemples, d’utiliser des métaphores, de faire des liens pour renforcer l’encodage (impression des informations dans le cerveau). L’illustration ne consiste pas seulement à donner un exemple, elle exploite un mécanisme documenté depuis les travaux d’Allan Paivio. Le double codage est le principe selon lequel une information reçue simultanément sous forme verbale et sous forme d’image mentale laisse deux traces complémentaires, donc plus faciles à retrouver

  1. Le storytelling

C’est la capacité à raconter une histoire pour interpeller. Vous avez tous été emmené au moins une fois dans votre vie par un intervenant, instituteur, formateur…dans une histoire, qui vous a raconté quelque chose qui vous parle de vous et qui fait que vous vous connectez immédiatement avec le fond mais également avec la forme. Si le storytelling fonctionne, ce n’est pas d’abord affaire de talent oratoire. C’est une propriété du cerveau, et une synthèse de près de 80 études, portant sur plus de 33 000 personnes, montre que l’on comprend et retient un récit environ une demi-mesure mieux qu’un exposé équivalent.

  1. La ludification

C’est un terme très à la mode. Nous voyons chez un certain nombre de mammifères, que le jeu est un outil d’apprentissage très puissant. Les félidés apprennent notamment à chasser et à survivre par le jeu. Les activités d’ordre ludiques permettent de stimuler l’appétit d’apprentissage.

  1. La variation des canaux de communication

L’entrée en musique, l’explication orale, le support visuel, faire toucher l’objet de l’apprentissage sont autant de canaux différents qui permettent de renforcer l’appropriation, l’encodage de l’information qu’elle soit nouvelle ou que nous développions quelque chose que nous savons déjà partiellement. Varier les canaux pour créer des ruptures et s’adresser à tous est une pratique sûre en neuropédagogie.

Le flow d’activité optimal : maintenir l’attention

Mihály Csíkszentmihályi, psychologue hongrois, définit le flow, flux en français, par un couloir d’attention, état mental que l’on peut atteindre lorsque l’on est complètement plongé dans une activité et qui renforce la qualité de l’apprentissage s’il est optimisé. Le rôle du formateur est de créer ce couloir d’attention en évitant de sur solliciter les participants parce que le risque serait d’entrer dans une zone d’anxiété qui créerait une rupture dans l’apprentissage.  A l’opposé, de l’ennui ou de l’endormissement surgissent, notamment lorsque le rythme est inadapté ou en créant des ruptures incohérentes dans l’animation. Créer des conditions de bien-être, visualiser les résultats escomptés de la formation sont des moyens relativement simples de maintenir ce flux d’activité pour que l’attention soit à son juste niveau.

Ce qu’il faut favoriser :

  • Accueillir et interagir avec élégance, convivialité et authenticité,
  • Co-définir un cadre clair pour tout le groupe,
  • Réaliser des pauses sensorielles,
  • Réguler le flux des activités de manière équilibrée,
  • Respecter les besoins psychologiques individuels,
  • Illustrer et storyteller,
  • Réguler son stress et ses renforcer son intelligence émotionnelle pour ne pas polluer les participants, et accueillir leurs émotions.

Ce qu’il faut éviter :

  • Le multitâche,
  • Le zapping,
  • Les sources de pollution sensorielle externe,
  • Le stress et l’excès d’émotions (peur, colère, tristesse…),
  • Le jugement, la ridiculisation, l’humiliation.

La mémorisation : 2ème clé de l’apprentissage

La mémoire est un outil d’anticipation qui nous permet de nous rappeler du passé pour en tirer des conséquences sur notre avenir. Elle se situe dans le cerveau à plusieurs endroits :

  • Hippocampe : chef d’orchestre, elle fixe les informations et les relie entre elles,
  • Amygdale : système d’alerte émotionnel,
  • Cortex préfrontal : accès aux souvenirs,
  • Cortex cérébral : zone de stockage.

Et il existe plusieurs mémoires :

  • La mémoire sensorielle
  • La mémoire de travail ou mémoire à court terme ou de travail dont la capacité limite l’encodage,
  • La mémoire à long terme qui permet de consolider la mémorisation.

L’enjeu en tant que formateur est de ne pas saturer la mémoire à court terme pour faire en sorte que l’information soit encodée le mieux possible. Pour tirer le meilleur parti de cette mémoire il faut :

  • Limiter les objectifs pédagogiques,
  • Prévoir des temps de pause,
  • Factionner l’apprentissage (par exemple alterner les blocs de compétences),
  • Réduire la quantité d’informations,
  • Inviter aux échanges entre pairs,
  • Utiliser le chunking (création de groupes thématiques pour faciliter l’encodage)

L’objectif est de créer une trace mnésique, un sillon d’apprentissage qui soit le plus profond possible, pour faire en sorte que derrière l’encodage, l’information soit stockée et récupérée facilement.

Plusieurs leviers existent pour favoriser ensuite la mémoire long terme pour favoriser l’encrage de l’information et sa récupération :

  • Faciliter la structuration et la hiérarchisation des contenus proposés (annoncer le déroulé en début de formation, renvoyer régulièrement au sens que chacun met dans la formation…),
  • Accepter que chacun se réapproprie à sa manière l’information délivrée (proposer des exercices de réappropriation avec ses propres mots, faire des liens avec des expériences personnelles…),
  • Proposer des exercices de déstructuration et restructuration de l’information (décomposer l’information, hiérarchiser ou ordonner les éléments…)
  • Faire récupérer l’information par les participants (proposer de faire des synthèses, questionner sur les éléments clés…),
  • Expliquer le sens des choses. : le sens s’ancre lorsque c’est l’apprenant qui le produit. Se demander « pourquoi est-ce vrai ? pourquoi cela me sera-t-il utile ? », ce que les chercheurs nomment l’interrogation élaborative, figure parmi les stratégies les mieux étayées. Le rôle du formateur n’est donc pas d’expliquer le sens, mais de le faire élaborer : questionner le pourquoi, relier la notion à l’expérience et au but de chacun. Avec une humilité nécessaire : ces leviers déplacent nettement les acquis de surface, beaucoup moins la compréhension conceptuelle profonde, qui demande du temps et de la reprise.

En conclusion, le formateur pour accompagner l’apprentissage des participants doit être capable :

  • De comprendre comment l’apprentissage s’opère dans le cerveau humain,
  • De prendre en compte la singularité de chacun,
  • D’animer en collaboration avec chaque groupe,
  • D’illustrer, de démontrer, de faire trouver,
  • D’utiliser les ressorts de la ludopédagogie,
  • De renforcer son intelligence émotionnelle,
  • De réguler les tensions, les conflits, les oppositions de convictions…

Le formateur doit développer des qualités d’authenticité (être fidèle à soi-même), d’acceptation de l’altérité des apprenants, d’expression des signes de reconnaissance (il n’y a pas de petite victoire en apprentissage), de partage et d’ouverture à l’autre et à la résolution de problématiques.

Après tout cela, nous comprenons pourquoi il est rare de sortir d’une formation sans être épuisé !

Signature : Olivier Sube, consultant

Source : Webinaire Les neurosciences au service de la pédagogie